Mardi 23 septembre 2008
Tout arrive, même une mise à jour de mon blog.
J'espère que ça va pour tout le monde ; ici, en tout cas, ça va. Kiyomi et moi travaillons toujours avec acharnement pour Japan Inc. cinq jours sur sept, tout en cherchant à remplir notre vie de façon agréable le reste du temps.
Depuis le 3 février 2008, date de la dernière entrée de ce blog, on a voyagé aux quatre coins du Japon, sans exagération : on est allé à Okinawa, à
Kumamoto, à Kagoshima, à Shikoku, à Fukushima, à Shiga (photo du lac Biwa)... On a assisté à quantité de mariages, avons vus des amis, des
concerts... Mais on n'est pas sorti une seule fois du pays, ce qui fait donc treize mois de Japon non-stop. Quand j'y pense ça me rend aussi gai que quand l'équipe de France se prend un but, donc
j'évite d'y penser.
Nan mais sérieux, ça va quoi. Il se passe beaucoup de choses de toutes sortes autour de nous, c'est ça le problème aussi quand le temps passe, mais on fait aller.
Prenons les choses dans l'ordre. Le travail. Le travail se passe bien. Je bosse beaucoup et vis une véritable idylle avec mon patron, qui est top love de moi. A ce sujet j'ai bien envie de vous raconter une histoire édifiante/rigolote/scandaleuse, qui pourrait s'intituler Les vacances - un complot occidental contre le Japon ?? :
... Dans le cabinet de conseils en propriété industrielle où je travaille, nous sommes (je l'ai dit il y a bien longtemps) quatre Occidentaux : une Canadienne, un Néo-Zélandais, une Américaine et moi - tous dans la boîte depuis moins d'un an. Je crois qu'on peut dire qu'on apporte beaucoup : des capacités en langues, une façon de travailler, un verni international aussi. Le patron, qui est un malin, en a conscience. Il a conscience aussi du fait que comme on n'est pas des Japonais on ne peut pas travailler comme des Japonais - c'est à dire en faisant heure supplémentaire sur heure supplémentaire (ce qui ne m'empêche pas d'en faire tous les jours). Mais pour autant, jusqu'à une date récente, il ne semblait pas y avoir du côté du patron de volonté de nous traiter différemment des Japonais concernant les vacances.
Il faut savoir la chose suivante : dans ma boîte, la company policy fait qu'on ne peut prendre que deux jours de vacances consécutifs MAXIMUM. Pour en prendre trois ou plus, il faut demander l'autorisation du patron, qui se fera un plaisir de refuser dans la majorité des cas - sauf si il y a une "raison". Entre Occidentaux, on se disait que « avoir sa famille à +10 heures d'avion » constituait une "raison" suffisante. N'est-ce pas ? Et bien non, et c'est là que l'histoire devient vraiment édifiante/rigolote/scandaleuse ; en juillet la Canadienne demande à prendre ses dix jours de congés payés d'un coup, afin de pouvoir rentrer dans son pays et voir sa famille. Son supérieur direct lui a d'abord dit, effaré, que personne n'avait jamais formulé une telle demande dans toute l'histoire de la boîte ; et que selon toute vraisemblance, ça allait à l'encontre de la company policy. La fameuse company policy. Ca lui a donc été refusé. Ensuite, en août, le Néo-Zélandais demande à prendre une semaine de vacances pour aller voir son père qui se remet d'une crise cardiaque. On fait pas mieux comme raison, si ? Et bien le sous-chef lui a dit que cinq jours c'était pas possible, mais que par contre il n'avait qu'à prendre deux jours mi-septembre en les collant à un week-end de trois jours. Cinq jours pour faire l'aller-retour Japon-Nouvelle-Zélande...
Voyant ça je me dis que je suis mal barré pour obtenir ce que je demande, c'est-à-dire cinq jours de congés accolés à la semaine de fermeture de la boîte pour le Nouvel An afin d'obtenir deux semaines tout rond et rentrer en France. Dans ma tête je me fais d'avance tout plein de petits plans à la con de démission flamboyante ; puis alors que le patron est en voyage d'affaires je vais voir le sous-chef, lui disant que les trois autres Occidentaux sont dans le même cas que moi et qu'il est de l'intérêt de la boîte de nous traiter de façon différente du reste des employés. Il me répond « 難しいなぁ » - « Ça va pas être facile », et « De toute façon ce n'est pas moi qui décide, va causer avec le patron mais 難しいなぁ ». Là le patron revient de voyage d'affaires et avant que je n'ai le temps d'aller le voir en personne, le sous-chef lui parle puis me rappelle. En substance, il me dit cette fois qu'il a été décidé de m'accorder les vacances à moi mais pas aux autres. La raison étant que les chefs trouvent que je "contribue" à l'entreprise et que le patron compte sur moi (!).
Ma collègue américaine va alors elle aussi demander les mêmes cinq jours de vacances au sous-chef, qui lui répond que « Ça va pas être facile » vu qu'elle est dans la boîte depuis moins d'un an, et que du coup il apprécierait qu'elle y réfléchisse à nouveau. Ce qui ne tient pas debout puisque moi aussi je suis là depuis moins d'un an. Et lui casse bien le moral.
Et pis voilà, on en est là depuis. Elle prépare sa contre-attaque à l'heure qu'il est. Mais quand même, accorder des vacances à l'un tout en refusant à l'autre pour des raisons fallacieuses, quelle absurdité, quelle mauvaise gestion du personnel, quel manque de tact et d'humanité. ...
C'est marrant, je parle de ça comme si c'était la chose la plus importante du monde alors que ça ne l'est pas. Mais je dois dire que ça m'occupe beaucoup l'esprit.
A part ça et en fait avant tout, mon frère Frédéric et sa compagne Isabelle ont eu une petite fille le mois dernier. Mes parents sont grands-parents pour la première fois, Kiyomi tata pour la première fois, moi tonton pour la première fois, etc. On fera sa rencontre en décembre, donc ; pour ce genre de choses, ce n'est pas anodin d'avoir obtenu des vacances.
J'ai aussi réussi le niveau 1 du 日本語能力試験, le "test de capacité en japonais", et du coup je considère mes études de japonais terminées - bon débarras.
Et pour finir, mon camarade Grégory le Niçois est de retour au Japon. Allez donc voir son nouveau blog.
J'espère que ça va pour tout le monde ; ici, en tout cas, ça va. Kiyomi et moi travaillons toujours avec acharnement pour Japan Inc. cinq jours sur sept, tout en cherchant à remplir notre vie de façon agréable le reste du temps.
Depuis le 3 février 2008, date de la dernière entrée de ce blog, on a voyagé aux quatre coins du Japon, sans exagération : on est allé à Okinawa, à
Kumamoto, à Kagoshima, à Shikoku, à Fukushima, à Shiga (photo du lac Biwa)... On a assisté à quantité de mariages, avons vus des amis, des
concerts... Mais on n'est pas sorti une seule fois du pays, ce qui fait donc treize mois de Japon non-stop. Quand j'y pense ça me rend aussi gai que quand l'équipe de France se prend un but, donc
j'évite d'y penser.Nan mais sérieux, ça va quoi. Il se passe beaucoup de choses de toutes sortes autour de nous, c'est ça le problème aussi quand le temps passe, mais on fait aller.
Prenons les choses dans l'ordre. Le travail. Le travail se passe bien. Je bosse beaucoup et vis une véritable idylle avec mon patron, qui est top love de moi. A ce sujet j'ai bien envie de vous raconter une histoire édifiante/rigolote/scandaleuse, qui pourrait s'intituler Les vacances - un complot occidental contre le Japon ?? :
... Dans le cabinet de conseils en propriété industrielle où je travaille, nous sommes (je l'ai dit il y a bien longtemps) quatre Occidentaux : une Canadienne, un Néo-Zélandais, une Américaine et moi - tous dans la boîte depuis moins d'un an. Je crois qu'on peut dire qu'on apporte beaucoup : des capacités en langues, une façon de travailler, un verni international aussi. Le patron, qui est un malin, en a conscience. Il a conscience aussi du fait que comme on n'est pas des Japonais on ne peut pas travailler comme des Japonais - c'est à dire en faisant heure supplémentaire sur heure supplémentaire (ce qui ne m'empêche pas d'en faire tous les jours). Mais pour autant, jusqu'à une date récente, il ne semblait pas y avoir du côté du patron de volonté de nous traiter différemment des Japonais concernant les vacances.
Il faut savoir la chose suivante : dans ma boîte, la company policy fait qu'on ne peut prendre que deux jours de vacances consécutifs MAXIMUM. Pour en prendre trois ou plus, il faut demander l'autorisation du patron, qui se fera un plaisir de refuser dans la majorité des cas - sauf si il y a une "raison". Entre Occidentaux, on se disait que « avoir sa famille à +10 heures d'avion » constituait une "raison" suffisante. N'est-ce pas ? Et bien non, et c'est là que l'histoire devient vraiment édifiante/rigolote/scandaleuse ; en juillet la Canadienne demande à prendre ses dix jours de congés payés d'un coup, afin de pouvoir rentrer dans son pays et voir sa famille. Son supérieur direct lui a d'abord dit, effaré, que personne n'avait jamais formulé une telle demande dans toute l'histoire de la boîte ; et que selon toute vraisemblance, ça allait à l'encontre de la company policy. La fameuse company policy. Ca lui a donc été refusé. Ensuite, en août, le Néo-Zélandais demande à prendre une semaine de vacances pour aller voir son père qui se remet d'une crise cardiaque. On fait pas mieux comme raison, si ? Et bien le sous-chef lui a dit que cinq jours c'était pas possible, mais que par contre il n'avait qu'à prendre deux jours mi-septembre en les collant à un week-end de trois jours. Cinq jours pour faire l'aller-retour Japon-Nouvelle-Zélande...
Voyant ça je me dis que je suis mal barré pour obtenir ce que je demande, c'est-à-dire cinq jours de congés accolés à la semaine de fermeture de la boîte pour le Nouvel An afin d'obtenir deux semaines tout rond et rentrer en France. Dans ma tête je me fais d'avance tout plein de petits plans à la con de démission flamboyante ; puis alors que le patron est en voyage d'affaires je vais voir le sous-chef, lui disant que les trois autres Occidentaux sont dans le même cas que moi et qu'il est de l'intérêt de la boîte de nous traiter de façon différente du reste des employés. Il me répond « 難しいなぁ » - « Ça va pas être facile », et « De toute façon ce n'est pas moi qui décide, va causer avec le patron mais 難しいなぁ ». Là le patron revient de voyage d'affaires et avant que je n'ai le temps d'aller le voir en personne, le sous-chef lui parle puis me rappelle. En substance, il me dit cette fois qu'il a été décidé de m'accorder les vacances à moi mais pas aux autres. La raison étant que les chefs trouvent que je "contribue" à l'entreprise et que le patron compte sur moi (!).
Ma collègue américaine va alors elle aussi demander les mêmes cinq jours de vacances au sous-chef, qui lui répond que « Ça va pas être facile » vu qu'elle est dans la boîte depuis moins d'un an, et que du coup il apprécierait qu'elle y réfléchisse à nouveau. Ce qui ne tient pas debout puisque moi aussi je suis là depuis moins d'un an. Et lui casse bien le moral.
Et pis voilà, on en est là depuis. Elle prépare sa contre-attaque à l'heure qu'il est. Mais quand même, accorder des vacances à l'un tout en refusant à l'autre pour des raisons fallacieuses, quelle absurdité, quelle mauvaise gestion du personnel, quel manque de tact et d'humanité. ...
C'est marrant, je parle de ça comme si c'était la chose la plus importante du monde alors que ça ne l'est pas. Mais je dois dire que ça m'occupe beaucoup l'esprit.
A part ça et en fait avant tout, mon frère Frédéric et sa compagne Isabelle ont eu une petite fille le mois dernier. Mes parents sont grands-parents pour la première fois, Kiyomi tata pour la première fois, moi tonton pour la première fois, etc. On fera sa rencontre en décembre, donc ; pour ce genre de choses, ce n'est pas anodin d'avoir obtenu des vacances.
J'ai aussi réussi le niveau 1 du 日本語能力試験, le "test de capacité en japonais", et du coup je considère mes études de japonais terminées - bon débarras.
Et pour finir, mon camarade Grégory le Niçois est de retour au Japon. Allez donc voir son nouveau blog.
