Vendredi 18 janvier 2008
Waou ! Aujourd'hui j'ai servi à quelque chose au travail. Hier aussi... Pas avant-hier cependant.

On est donc vendredi soir. Au boulot, les journées se suivent et se ressemblent plus ou moins. Toujours des lettres à taper, des dossiers à faire, des mails à envoyer ; difficile de décrire autrement ce que je fais. Entre autres trucs glamours : un coup de téléphone en Finlande, un autre en Indonésie, et un fax à Metz. Oui, un de nos clients est basé à Metz, ne me demandez pas pourquoi.
Mon patron m'aime bien. Je lui ai parlé aujourd'hui pendant près d'une minute, record explosé ; le sujet était "lequel est mon prénom et lequel est mon nom". C'était sympa mais il faut savoir qu'il marmonne beaucoup quand il cause et est donc difficile à comprendre, et que par ailleurs la discussion s'est déroulée dans les toilettes.

Entre midi, je suis allé pour la première fois au Centre franco-japonais d'Ôsaka, qui se trouve, je l'ai découvert avant-hier, à deux minutes montre en main de mon lieu de travail. J'y ai emprunté les ouvrages & films suivants : La Sorcière de Marie NDiaye, À Bout de Souffle de Jean-Luc Godard et surtout, surtout, Tintin au Pays de l'Or Noir de Robert Pires, dont je viens de lire la moitié et qui est beaucoup moins bien que dans mon souvenir. On retiendra quand même cette phrase du Docteur Müller : « Tonnerre !... Mais... Ce n'est pas Ahmed !... C'est Tintin !... ».

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Aucun rapport : une vue sur des montagnes embrouillardées

Je vais devoir m'occuper comme un grand ce week-end car Kiyomi n'est pas là. Son grand-père étant décédé, elle est rentrée à Kumamoto mercredi, pour revenir à Ôsaka dimanche. Il semblerait après coup que j'aurais pu y aller aussi si j'avais eu le cran de demander des vacances... Je le regrette beaucoup. J'essaierai quand même d'employer mon temps de façon créative, notamment en revoyant ma prof de japonais pour la première fois depuis un mois et demi et en jouant au foot dimanche. Et samedi de la semaine prochaine, on fera venir des camarades à la maison ; tout le monde est invité donc prenez vos billets d'avion.
Par Ant
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Dimanche 6 janvier 2008
Un bilan en accéléré de l'année 2007.

Une année bien remplie. J'ai beaucoup joué au foot avec mes camarades (ai marqué plein de buts) ; je suis aussi beaucoup allé au karaoké. J'ai travaillé à NOBA, j'ai parlé français et ai été payé pour ça. J'ai fait des progrès en japonais, ai passé le 日本語能力試験1級. Je suis allé pour la première fois à Hokkaidô, à Shikoku, à Gero, à Okayama, au Mont Kôya entre autres ; je suis aussi rentré deux fois en France.  J'ai écouté de la musique : Bob Dylan, cLOUDDEAD, Arcade Fire, Architecture In Helsinki, Hives, Rolling Stones, Chuck Berry, Dinosaur Jr., CSS, Amy Winehouse... Je suis allé à des concerts. Je me suis marié avec Kiyomi ! J'ai trouvé un nouveau travail, ai quitté NOBA et suis « entré de plain-pied dans la vie professionnelle ».  ...
Beaucoup de mes copains sont aussi rentrés dans leur pays : mes anciens collègues de NOBA et mes amis de l'INALCO. Mon nouveau travail me laisse à priori peu de possibilités pour voir ma famille en France. J'ai toujours du mal à me faire des vrais amis japonais mais j'y travaille. À part ça...

Notre nouvel an s'est déroulé à Kumamoto, avec les parents de Kiyomi. Il a neigé sur Kyûshû. Pas de chouette voyage en Chine comme l'an dernier ; on s'est juste baladé, avons vu la famille, les amies de Kiyomi, etc. Retour à Ôsaka hier ; reprise du travail demain. Voilà.

Bonne année 2008 à tous ; au plaisir de vous revoir bientôt !

Par Ant - Publié dans : antosaka
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Samedi 8 décembre 2007
Week-end. Week-end après une semaine de travail bien majorée d'heures sups, ce fléau du Japon moderne, sur le dos desquelles on peut plus ou moins mettre tous les problèmes actuels du pays : morts par surmenage, taux de nuptialité en baisse, chute de la natalité, harcèlement à l'école, et peut-être même nationalisme latent en poussant un peu.

J'ai donc passé ce fameux test de japonais la semaine dernière, avec un enthousiasme mesuré. Au centre d'examen (la même université que celle où j'avais passé le TOEIC), j'ai retrouvé quelques-uns de mes ex-collègues de NOBA, qui venaient passer qui le niveau 1 comme moi, qui le niveau 2... Y compris mon ancienne chef. Contrairement à ce à quoi je m'attendais il n'y avait pas 99,9% d'Asiatiques (comprendre : de Chinois) passant le niveau 1 avec moi ; sur une salle de cent personnes, on était peut-être une petite dizaine d'Occidentaux, perdus avec des Chinois donc, et puis j'avais aussi un Coréen à côté de moi (d'après le nom sur sa carte d'inscription), et il y avait aussi pas mal de gens des pays d'Asie du Sud-Est.
C'était chiant ! Il y avait trois épreuves, séparées par une pause de vingt minutes et une d'une heure à peu près, et au début de chaque épreuve il fallait se retaper les mêmes explication données par la même voix enregistrée : « Vous ne devez pas ouvrir votre sac... Vous ne devez pas parler avec votre voisin... Vous ne devez pas regarder la feuille de votre voisin... » – ou en reprenant l'ordre à la Yoda de la phrase japonaise : « Parler avec votre voisin, vous ne devez pas... Regarder la feuille de votre voisin, vous ne devez pas... Ouvrir votre sac, vous ne devez pas... ». Tout ça avec un système de cartons comme au foot – jaune pour un premier avertissement, rouge pour une expulsion. Et les pénaltys ? Et les hors-jeux ?

Malgré mon absence de travail pendant les derniers mois je pense quand même que bordel ils vont me le donner. Ce serait bien le comble après un an de cours particuliers et la tonne de bouquins de révision que j'ai achetés à perte. Mais je ne saurai ça que courant février, car bien qu'il n'y ait qu'une seule session par an et que le principe soit le même que pour le TOEIC (avec des cases à noircir sur une feuille et un ordinateur qui lit ça), il faut attendre plus de deux mois pour obtenir les résultats. Incompréhensible, archaïque, nul.

Hier j'ai joué au foot pour la première fois depuis bien longtemps ; j'ai été très mauvais. Mercredi dernier Kiyomi et moi sommes allés voir The Go! Team, un groupe anglais, pour un concert sympa mais bordélique. (バドミントンの) Pierru-kun apprendra avec intérêt que Ninja s'est mise à jouer de la batterie. Nouveau concert jeudi prochain, cette fois avec les fabuleuses Pipettes.

Kiyomi va bien même si elle n'arrête pas de choper la crève. C'était mon anniversaire le mois dernier ; elle m'a acheté une DS, la console portable de Nintendo, avec le jeu Zelda. Zelda est un jeu très chouette auquel j'avais beaucoup aimé jouer dans ses versions précédentes ; malheureusement, sur DS, il est nul. Il faut savoir que la DS peut faire plein de trucs : elle a des capteurs pour le souffle (on doit parfois souffler pour enlever de la poussière virtuelle, pour faire avancer des bateaux...), un micro intégré, et un stylet. Les vieux Zelda se jouaient avec les boutons de la console, comme il se doit ; le Zelda DS se joue lui avec ce stylet à la con. On bouge le stylet pour faire avancer le personnage et on "double clique" pour lui faire donner des coups d'épée sur les ennemis. C'est nul ! Ah là là ! Quand je tue un ennemi j'ai l'impression de sélectionner et d'effacer un mot dans un traitement de texte ; or ce n'est pas le genre de sensations que je recherche en jouant à un jeu vidéo.
Résultat, c'est Kiyomi et pas moi qui passe son temps à y jouer, pendant que je me livre à des activités plus nobles comme Facebook ou Youtube. J'ai complètement arrêté de jouer à mon jeu de foot il y a trois semaines à peu près, depuis que j'ai cassé une manette de rage devant les tricheries répétées de l'ordinateur. Mais bon, il faut dire aussi que je jouais avec le FC Metz...

Finissons sur une note colorée avec les Pipettes et leur chanson Because It's Not Love (But It's Still A Feeling).
Par Ant - Publié dans : antosaka
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Jeudi 29 novembre 2007
De retour pour couper court aux rumeurs sur ma mort. Je suis plus vivant que jamais, certes fatigué par le travail, mais vivant.
Le travail est fatigant, ah oui. C'est crevant de ne pas trop savoir ce qu'on doit faire, d'avoir peur de se tromper, etc. C'est donc crevant, en fait, de commencer un nouveau travail. Je fais en sorte de faire le gars humble, qui veut apprendre, qui veut être utile et tout, ce qui implique en permanence un profond travail sur moi-même.
Pour l'instant je ne fais pas beaucoup d'heures supplémentaires ; mais mes collègues en font, eux, donc je finirai vraisemblablement par être obligé d'en faire aussi. Il faut dire que pour l'instant je ne sais rien faire, donc pourquoi me faire travailler plus que de raison ? L'une des solutions serait de rester ignorant. Mais mes collègues sont toujours gentils et prêts à m'aider, donc hélas je progresse.

Sinon, je vais donc passer dimanche le 日本語能力試験, le « test de capacité en japonais ». Je me prépare pour cet espèce d'équivalent du TOEIC anglais depuis plus d'un an maintenant avec ma prof Miki-sensei, comme je l'ai déjà dit. J'avais bien confiance il y a encore quelques mois, mais depuis mon retour de France fin août, avec les histoires de NOBA et de recherche de nouveau boulot puis de nouveau boulot, j'ai globalement cessé de bosser. Notamment la grammaire qui est la partie de l'examen sur laquelle je me sens le moins à l'aise. Et puis, comme j'ai pu trouver un travail sans, il faut avouer aussi que ma motivation n'est plus la même.

Enfin bon, souhaitez-moi bonne chance malgré tout !
Par Ant - Publié dans : antosaka
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Samedi 3 novembre 2007
Je suis rentré. J'ai commencé le travail. Je suis fatigué.

Je suis rentré. Ça n'a pas été sans mal puisque j'avais choisi un jour de grève Air France et que Korean Air, la compagnie sur laquelle j'avais pris une réservation pour un Paris-Séoul-Ôsaka le 28 octobre, opérait son vol conjointement avec Air France, et que mon avion a été annulé ; je m'en suis rendu compte le matin même. Malgré les consignes absurdes diffusées dans les médias (« Ne vous rendez pas à l'aéroport si votre vol est annulé » – n'importe quoi), je suis quand même parti de Metz.
C'était le chaos à Roissy. Il y avait des heures de queue aux guichets, et les gens n'étaient pas contents. Le personnel au sol (derrière les guichets, etc.) ne semblait pas très solidaire des grévistes : j'ai entendu des choses comme « J'ai travaillé douze heures hier, je te jure je les adore les hôtesses... ». Rendons d'ailleurs hommage à ces non-grévistes, qui ne mesuraient pas leurs efforts pour nous aider tout en restant de bonne humeur. J'ai moi-même fait la queue pendant trois heures dans l'espoir d'obtenir une place sur un autre vol le jour suivant. Certains dans la file attendaient de pouvoir partir depuis plusieurs jours, moi j'ai eu la chance de décrocher un retour dès le lendemain, sur un vol China Eastern Airlines avec escale à Shanghai. Le soir du 28 je suis allé à l'hôtel, avec la promesse de me faire rembourser par Air France après coup (ce qui impliquait quand même qu'il me fallait avancer les sous), le remboursement maximal étant de 120€ – la chambre à l'hôtel Ibis était à 90€ avec petit-déj' à 7,50€, plus je suis allé manger au Hilton voisin pour 21€, soit un total de 118,50€ ; j'ai perdu le ticket de caisse de mon croissant chez Paul sinon j'aurais peut-être pu faire du 119,50€ voire 119,70€.
Je ne me suis pas trop ennuyé à l'hôtel puisque Canal+ diffusait pas moins de deux matchs de foot : Liverpool-Arsenal (1-1) à 17:00 et PSG-Lyon (2-3) à 21:00, soit deux matchs pour sept buts en tout – à 90€ la chambre ça nous fait le but à 12,857€. Le repas au Roissy Hilton n'était pas terrible parce que j'ai choisi un médiocre buffet de plats chauds, ce qui était une erreur car je n'avais pas trop faim et aurais donc mieux de me concentrer sur un plat unique mais bien préparé.
Le lendemain, l'avion (avec un équipage immunisé contre les grèves car 100% chinois) a eu trois heures de retard au départ, sans doute par répercussion de bordel. Je n'étais plus à ça près, mais ça me faisait rater ma correspondance à Shanghai. J'ai donc dû retourner faire la queue, cette fois au guichet correspondance. Pendant que j'attendais il y a eu une alerte de sécurité et on nous a demandé d'évacuer le bâtiment ; ce qui, je crois, a été le nadir de mon week-end. Tout le monde est sorti pour rerentrer dix minutes plus tard comme si de rien n'était ; moi j'ai refait la queue comme un abruti. Là le guichetier m'a trouvé un vol Japan Airlines Shanghai-Ôsaka, que j'ai accepté.
En attendant d'embarquer j'ai discuté avec une dame, très "grande bourgeoise du 17e arrondissement" mais gentille, qui m'a sorti des trucs invraisemblables du genre « Pourquoi ils se plaignent, les stewards ? Si ils voulaient des meilleurs conditions de travail ils avaient qu'à étudier pour être pilote ». D'oh.
Puis sans plus de péripéties (à part quand même à Shanghai où j'ai dû récupérer mon bagage de soute parce qu'il n'était pas transféré dans l'avion Japan Airlines contrairement à ce qu'on m'avait dit à Paris), j'ai pu rentrer à Ôsaka un jour après la date prévue. Puis j'ai eu un dernier jour de repos ; puis est venu le moment de commencer le travail.

J'ai commencé le travail. J'ai des belles chemises maintenant, je me suis racheté un portefeuille en France et la maman de Kiyomi m'a donné une montre d'homme. À part ça je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe. Comme je l'ai déjà expliqué rapidement, ma nouvelle entreprise s'occupe de brevets, de marques déposées, de droit commercial et tout ça ; des choses auxquelles je ne connais rien. J'ai été mis dans le groupe 外内 ("extérieur-intérieur"), qui aide les entreprises étrangères à déposer des demandes de brevet au Japon et les suit pendant tout le processus. Ce qui implique des e-mails en anglais à corriger (ça ça va), des montagnes de dossiers et de paperasseries à mettre en forme... On m'assure qu'on finit par y comprendre quelque chose au bout d'un moment donc je ne m'affole pas. Et je suis au moins content d'une chose, c'est que mon japonais me permet de m'en sortir ; et a priori je devrais continuer à progresser, non ?... Aie-je le choix, de toute manière !

Je suis fatigué. Aujourd'hui samedi, Kiyomi et moi allons à un barbecue organisé par mes nouveaux collègues dans l'après-midi, puis au concert d'un copain du football le soir. Demain, on ira si elle a lieu à la sayonara party de mon copain John Beard (qui rentre aux États-Unis à cause de NOBA et des salaires impayés), et dans la journée je devrai écrire des textes de présentation en japonais et signer des papiers pour ma nouvelle boîte. Trouverai-je un quelconque moment de repos ? Espérons-le ! Y'a du boulot !!

Par Ant - Publié dans : antosaka
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