Mardi 9 janvier 2007
Kiyomi et moi sommes de retour à Ôsaka après de très chouettes vacances d'hiver. Il a fait beau à Beijing et nuageux à Kumamoto, nous avons vus quantité de choses et rencontré beaucoup de gens, et à part un retour en avion pénible depuis la Chine tout s'est très bien passé.
Beijing d'abord, la prochaine destination touristique de tout les gens que je connais s'ils veulent rester mes amis. C'était chuper !! Les vertus du communisme sautent aux yeux : grandes avenues droites comme des lendemains qui chantent (six voitures de large dans un sens, six de large dans l'autre !), militaires marchant au pas de l'oie dans tous les coins touristiques, immenses portraits d'un type dégarni avec une grosse verrue sur le menton... J'ai été très impressionné par la démesure de tout, là-bas : que ce soit celle des constructions communistes ou des constructions impériales, qui dans ce domaine se rejoignent. Nous avons commencé nos visites culturelles par le mausolée de Mao. Son corps est exposé comme celui de Lénine, dans un très grand bâtiment de style soviétique donnant sur la place Tienanmen ; l'entrée est gratuite mais il ne faut pas faire le mariole. D'abord on dépose son sac et son appareil photo à la consigne, fait la queue dans le froid, entre en file indienne dans l'enceinte du mausolée. Les Chinois se précipitent sur la boutique de fleurs à côté de la porte... Une fois dedans, il faut enlever son bonnet, se taire et sortir ses mains de ses poches (je me suis fait taper sur le bras par un militaire !), et tout le monde passe comme des crétins devant un cercueil en verre dans lequel est couché une figure cireuse qui certes ressemble à Mao, mais ça pourrait tout aussi bien être de la vraie cire qu'est-ce que j'en sais ? À la sortie, toutes sortes d'objets inutiles à son effigie sont en vente.
Après le mausolée, nous nous sommes dirigés vers la Cité Interdite, de l'autre côté de la place, où nous avons notamment payé très cher une boisson dégueulasse qui prétendait être un chocolat chaud et avons pour la première fois été confrontés à l'incompétence des Chinois en matière de service de restauration. La visite nous a occupé toute la matinée et une partie de l'après-midi. C'est joli et bien sûr lourdement historique, mais tout est repeint à neuf donc je ne sais pas trop quoi en penser. C'est par ailleurs immense ; les empereurs chinois ne se prenaient pas pour de la merde ! Étant inculte j'y ai entendu parler pour la première fois de l'infâme impératrice douairière Cixi, qui portait des chaussettes de soie dont la confection occupait 3000 couturières et qui coupa les membres d'une de ses rivales, la maintenant en vie pendant plusieurs années dans une carapace de tortue. Les vraiment beaux trucs sont notamment le grand jardin de pierres au nord, une grande pierre sculptée de motifs de dragons et les décorations des toits de certains pavillons. En sortant, nous nous sommes faits harponner par un conducteur de rickshaw, qui se proposait contre de l'argent de nous guider dans un hutong, un quartier d'habitation construit soit par les empereurs Mongols, soit par la dynastie d'après les Mongols (cherchez vous-même !), dans lesquels une grande partie des Beijingois habitent encore ; on y trouve des petites maisons toutes grises à un étage, disposées selon un plan en damier et très proches les unes des autres, avec de minuscules cours intérieures. Notre guide nous montrait des maisons du doigt en nous disant que vingt familles habitent ici, vingt-cinq là... Pourtant les gens croisés à Beijing sont dans leur grande majorité bien habillés, comme des Japonais en fait (sauf pour ce qui est d'être à la mode comme un mouton et de porter des micro-jupes) ; mais il y a donc encore du retard au niveau du logement, un retard que la municipalité et le gouvernement chinois s'efforcent de rendre moins visible d'ici aux JO de 2008, notamment en détruisant les hutong à tour de bras. À la chinoise. Quel dommage ! Je ne suis pas sûr que ce soit gai tous les jours d'y habiter, mais pour les touristes en tout cas c'est extraordinaire... C'est l'occasion de voir la vie des Chinois, au lieu d'être cantonné aux lieux touristiques surmilitarisés, et c'est à la portée de tout le monde ; le lendemain de cette balade en vélo et avec guide, Kiyomi et moi avons marché tous les deux une bonne heure dans un autre hutong, en allant du Temple de Yonghe au Clocher, sans aucun problème d'aucune sorte ; les rues principales étant disposées selon un axe nord-sud c'est difficile de se perdre, et il n'y a guère de risque de se faire agresser. Il faut par ailleurs dire un truc sur les Chinois et les Japonais, et je ne sais pas si ça tient aux quatre millénaires d'histoire des premiers ou au statut de pays développé des seconds - mais les Chinois sont quand même à première vue beaucoup plus vivants, rigolos et bruyants que les Japonais. Ils sont aussi beaucoup moins efficaces et moins soucieux du travail bien fait : le service dans les restaurants & cafés va de "médiocre" à "vraiment très mauvais", ce qui est limite intolérable pour un gars soucieux des bonnes manières comme moi. Mais autant il y a beaucoup de belles choses calmes à voir à Kyôto, Nara, etc., autant je me dis, en rentrant de Chine, qu'il y a des domaines dans lesquels le Japon ne fait pas le poids.
Le soir du premier jour a été bien occupé par une sortie pour voir une représentation de 京劇 - l'opéra de Pékin. J'étais peu enthousiaste à la base et c'est Kiyomi qui voulait y aller ; ça s'est révélé super. Le théâtre était touristique (dans un hôtel) mais tant pis : ça nous a permis d'avoir une table juste devant la scène avec des gâteaux et du thé, ainsi que des surtitres, qui n'étaient pas de trop car même avec eux je n'ai pas tout compris. Il y avait trois histoires : un gars qui dort dans une auberge et se bat dans le noir avec le patron à cause d'un malentendu ; une déesse bouddhiste quelconque qui va quelque part faire quelque chose ; et une femme qui part chercher une fleur dans une montagne sacrée pour ressusciter son mari. Comme dans le kabuki japonais, les acteurs sont tous des hommes et ils scandent leur texte sur de la musique, mais à la différence du kabuki ce n'est pas chiant à mourir. Les acteurs sont probablement doués dans leur jeu, ça je ne suis pas qualifié pour le savoir, mais ils sont aussi capables de chanter et de faire des acrobaties. La femme de la troisième histoire devait se battre contre les gardiens de la montagne sacrée ; ceux-ci lui balançaient des bâtons qu'elle leur renvoyait avec son sabre, avec ses mains, avec ses pieds devant elle, derrière elle, de côté - avec une technique digne de Ronaldinho ! Comme ils étaient quatre je pense qu'en s'y mettant tous ils auraient plusieurs fois pu la choper, mais peut-être qu'ils hésitaient à infliger une telle perte au monde du football... La déesse de la deuxième histoire était seule en scène et parlait beaucoup, et pourtant ce n'était pas ennuyeux ; elle nous expliquait qu'il lui fallait se dépêcher vers la montagne Machin, courait en rond sur scène pendant cinq minutes, avant de se figer d'un coup en même temps que la musique, le regard braqué sur le public ; puis elle disait « Vite ! Vite ! Je dois me hâter vers la montagne blablabla... », recommençait à courir en rond, se figeait, disait « Il n'y a plus de temps à perdre ! Tel le faucon fendons les éléments en direction de blablabla... », recourait en rond... Je ne sais même plus si elle a fini par arriver à la montagne, mais vraiment c'était bien !
Nous avons passé notre deuxième jour de visites en excursion, pour voir la Grande Muraille de Chine (section de Badaling) et les tombeaux des empereurs Ming. C'était très excitant de marcher sur la Grande Muraille, même si je crois que la section de Badaling est la moins authentique de l'ensemble pour cause de restaurations multiples. Les tombeaux des Ming étaient atrocement bétonnés de partout et on n'avait accès qu'à un sur les treize que compte le site, donc déception. Par ailleurs on s'est vus traînés (on ne le savait pas en montant dans le bus) dans (le magasin d') une usine de jade. C'est une question de goût, mais personnellement je trouve la plupart du temps hideux les objets en jade ; et ce magasin-là était une sorte de musée des horreurs - des horreurs vendues en plus très chères ! Je m'étais juré de ne rien acheter, n'appréciant pas de me faire trimbaler de force comme ça, et je n'ai pas eu de mal à tenir ma promesse. Et au retour, on nous a emmené dans une pseudo-académie de médecine impériale à deux balles, où des faux docteurs nous ont examiné et proposé des remèdes chinois contre de l'argent. Je me suis bien sûr contenté de me faire examiner ; et alors il semblerait que le flux de mon sang est trop important et que je mange/bois trop de trucs chauds, ce qui explique les boutons que j'ai sur le visage. D'accord mais bon, c'est l'hiver quoi...
De retour à Beijing, nous avons cherché à manger du canard, apparemment la spécialité de la ville, et nous nous sommes fait arnaquer dans un restaurant pour touristes : cher, mauvais, service pourri.
Le lendemain, nous nous sommes levés tôt pour aller dans un vibrant marché matinal, ainsi qu'au Temple de Yonghe et au Clocher, deux bien beaux endroits situés au nord de la ville. En soirée nous sommes cette fois allés vers le sud, au Temple du Ciel. C'était très beau également, même si les peintures refaites à neuf étaient très flashy - d'un autre côté, c'était comme ça quand ça a été construit, non ? Encore une fois, l'espace occupé par le jardin entourant le temple était invraisemblable... Le quittant à la nuit tombée, nous sommes allés manger dans un restaurant indiqué dans le guide de Kiyomi, après être passés dans la rue commerçante d'un hutong. Et c'était la négation absolue du piège à gogo de la veille : pas cher, excellent mais vraiment excellent qu'on aime la cuisine chinoise ou pas, avec même un service correct. C'était tellement bon que j'ai tapé sur mon téléphone portable les caractères 超美味, avant de montrer l'écran à la serveuse - 超美味 signifiant approximativement "super bon !" ; et elle a compris !! Le ventre plein on est retourné à l'hôtel, avant de ressortir une dernière fois sur la place Tienanmen pour dire au revoir au vieux Mao.
Le lendemain était le jour du retour et là ça a été moins rigolo. En se levant on voit qu'il a neigé. On prend notre petit-déj en surveillant le hall pour voir si le bus de l'agence de voyages, censé venir nous prendre, est là ; il n'arrive pas, on continue de manger en se disant que l'heure de l'avion se rapproche quand même un peu. On finit par appeler la guide de notre agence de voyage, qui nous avait accueillis à l'aéroport de Beijing avant de trimballer les autres membres du groupe pendant nos trois jours de visites autonomes (Kiyomi et moi étions les seuls à avoir choisi de payer moins cher pour être libre de nos mouvements ; les dix autres voyageurs avaient préféré payer plein tarif pour ne pas être libre...). Celle-ci nous avait visiblement oubliés, mais elle donne le change au téléphone ; on finit par partir pour l'aéroport dans un taxi, à travers les rues enneigées. La guide nous y attend ; elle fait comme si elle avait tout maîtrisé depuis le début et paye le chauffeur. La neige continue à tomber, c'est le bordel : on se demande vaguement si l'avion va partir à l'heure. On embarque. 9:50, l'heure du départ, passe ; les hôtesses font diverses vagues annonces. On attend une heure, deux heures, trois heures... À 13:00 l'avion commence son transit sur le tarmac ; à 13:15 un gars avec une lance à eau arrive pour dégivrer les ailes, je vois tout en direct depuis mon hublot. À la demie on décolle enfin ! Deux heures plus tard on arrive à Ôsaka. En tout, plus de sept heures dans l'avion...
À part ça c'était donc un séjour extraordinaire mais trop bref, qui me donne envie d'y retourner cent fois, d'apprendre et le mandarin et le cantonais, et même limite de lire le Petit Livre rouge. Allez-y tous !

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Lundi 25 décembre 2006
Après une « fête de Noël » chez les demoiselles Kirsty et Rose hier soir et un repas avec notamment les parents et soeur de mon camarade Tim aujourd'hui ( plein la panse au restaurant du Swissôtel d'Ôsaka), Kiyomi et moi sommes maintenant prêts à partir pour la Chine, voyage couronnal d'une année 2006 riche en trucs divers dont le moindre n'est pas le titre de champion d'automne du FC Metz. J'ai fini mon travail de l'année à 18:30 heure de Tôkyô sur un no-show (une leçon où l'étudiant ne vient pas), après deux leçons avec des étudiants particulièrement nuls. Les bagages sont faits, je suis bien content... À tous, je souhaite une bonne année 2007.

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Jeudi 21 décembre 2006
Dans quatre jours c'est Noël, mais je m'en fous car il faut mieux s'en foutre quand on est au Japon... Par contre dans quatre jours c'est surtout les vacances, et dans cinq jours le départ pour Beijing. Excitation, impatience. Je me suis acheté une grosse veste bleue pour affronter le climat continental de l'Empire du Milieu.

J'avais des achats à faire avant-hier et je suis donc allé au centre-ville d'Ôsaka, plus exactement dans le quartier de Nanba. Il faisait beau et j’ai pris mon vélo, vraisemblablement pour la dernière fois de l’année. Le trajet prend quarante minutes à peu près si on coupe au plus court, mais j’ai préféré traîner. Comme souvent, je suis donc passé par les quartiers populaires de Shinsekai, Sanno et Tengachaya, qui comptent sans doute parmi les plus pauvres d'Ôsaka, ce qui les place directement en bonne position sur l'ensemble du pays. C'est très instructif de passer dans ces endroits, car ça permet de se rendre compte de visu que le Japon n'est pas aussi prospère et égalitaire qu'on l'imagine. Shinsekai ("nouveau monde") est un ancien quartier commerçant en déclin avancé, constitué par des rues couvertes parcourues à 90 % par des hommes de plus de 50 ans - bien loin des salaryman de Shinjuku ou des fashion victims de Shibuya. Il est difficile de savoir si ils sont au chômage ou carrément à la rue. Les boutiques vendent toutes sortes de bazars divers : des jouets en plastoc, des gâteaux apéritifs (cf. les "mélanges japonais" vendus en France), des vêtements ringards... Pas très loin se trouve Sanno, quartier de maisons closes. Les maisons sont ouvertes en grand sur la rue, de façon à ce que le passant en voie l'intérieur ; dans l'entrée sont systématiquement assises une mamie qui, j'imagine, gère les affaires, et une demoiselle. Un des aspects les plus malsains est le fait que les filles sont éclairées par en bas avec des spots ; exactement, comme me l'avait fait remarquer Kiyomi la première fois qu'on était passé dans le coin, comme un produit en exposition dans un magasin. Enfin, Tengachaya, voisin de Sanno, donne l'impression de rassembler tous les SDF d'Ôsaka. Je suis passé près d'un parc couvert des bâches bleues avec lesquelles les SDF japonais construisent habituellement leur abris ; tout autour, des gens (encore une fois, en grande majorité des hommes de plus de 50 ans), assis par terre et attendant que ça se passe.
On n'imagine pas trop cela possible au Japon quand on ne connaît que Tôkyô ; les SDF y sont très rares et ont l'air moins abîmés qu'ici. Je pense qu'en fait la mairie de Tôkyô s'efforce de les mettre dehors pour pouvoir présenter un visage plus présentable aux étrangers (la mairie de Paris devrait demander des conseils !) - et que c'est Ôsaka qui les récupère. Au Japon aussi, il y a des gens qui meurent de froid l'hiver.
Par Ant - Publié dans : antosaka
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Vendredi 15 décembre 2006
Aujourd’hui vendredi, la semaine recommence pour de bon. Trois jours pleins et vingt-quatre leçons jusqu’à dimanche 15:00. Combien de fois vais-je dire « J’ai un chat, je n’ai pas de chien… Je fais du football, je ne fais pas de tennis… » ? Terrible destin !

Il est midi. Depuis mon retour au Japon fin juillet, mes goûts culinaires ont évolué de façon spectaculaire, et c’est bien naturel. Un résumé rapide :
  • * Déjà, je ne supporte plus les râmen. Je n’ai jamais trop aimé ces longues nouilles humides & gluantes, censées être le plat préféré des hommes japonais ; j’en mangeais à Tôkyô, mais plus par mimétisme qu’autre chose. Là, j’ai enfin jeté mon masque : je déteste les râmen, les râmen puent.
  • * Je commence également à adorer le kimchi, un plat coréen très épicé. D’habitude je n’aime pas les trucs qui arrachent la gueule, mais je subis désormais l’influence quotidienne de quelqu'un qui adore ça donc...
  • * Je suis devenu fan du curry, et tout particulièrement du katsukare, du riz au curry avec des lamelles de porc pané. Censé être, par ailleurs, le plat préféré des écoliers japonais…
  • * Enfin, je ne peux même plus imaginer manger les plats préparés vendus dans les konbini. Il faut dire aussi que j’ai plus de sous et peux mettre plus cher pour avoir de la meilleure bouffe… Parallèlement, mon adoration pour le fast-food Yoshinoya et ses gyûdon à 350 ¥ s’est tarie. Je préfère désormais donner mes sous au concurrent Matsuya, pourtant quasi-interchangeable ; mais j’y vais rarement, car le changement principal, déjà sensible lors de ma dernière année à Paris, est que je fais beaucoup plus gaffe à ce que je mange qu’autrefois.

Par ailleurs, les gens qui me connaissent savent qu’avant d’être un supporter du FC Metz porté sur le hooliganisme je suis surtout un fan d’Édouard Baer - et plus particulièrement du Édouard Baer époque Centre de Visionnage ; ceux qui ne me connaissent pas ne le savent pas. J’avais longtemps été désespéré par l’absence de vidéos de cette émission sur eMule, le logiciel bien connu - jusqu’à ce que je me croie très malin, un jour, en allant faire une recherche sur YouTube… une recherche infructueuse. Damn ! Ce n’est que tout récemment que j’ai pensé à Daily Motion, l’équivalent francophone de Youtube. Un site français pour une émission française c’est quand même beaucoup plus cohérent ; et en effet, il y a sur Daily Motion des heures de Centre de Visionnage, rassemblées sur le site suivant, pour le plus grand bonheur des amateurs d’humour sophistiqué.
Par Ant - Publié dans : antosaka
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Mercredi 13 décembre 2006
Je suis en repos et les vacances approchent à grand pas. Lundi 25 sera mon dernier jour de travail de l’année ; dès le 26, Kiyomi et moi nous envolons pour la Chine. Retour le 30 et départ aussitôt pour Kumamoto, où nous resterons quelques jours, avant d’aller près de Kagoshima, chez la grand-mère paternelle de la demoiselle. À cette occasion je rencontrerai pour la première fois, outre la grand-mère et le grand-père, quantité d’oncles et de cousins - et j’en suis déjà tout fatigué !
Pour pouvoir rerentrer au Japon avec mon visa actuel, il m’a fallu obtenir une « autorisation de réentrée du territoire » (再入国許可). J’ai hésité entre la simple à 3000 ¥ et la multiple à 6000 ¥, et j’ai finalement choisi cette dernière. 6000 ¥, pourtant, c’est cher ! C’est en fait le prix du timbre fiscal ; et ça m’a fait bizarre d’acheter 6000 ¥ dans un bureau de tabac un bout de papier aussi insignifiant en apparence. Cependant le dessin dessus était joli, je l’aurais bien gardé…

Sinon j’ai mis en ligne les photos de Arashiyama, à la même adresse que précédemment : http://www.photomania.com/antosaka/.

Mardi dernier, notre appartement a été envahi par une horde de camarades divers : quatre Japonais, quatre Américains, trois Anglais, deux Italiens, deux Français, deux Canadiennes… Avec nous deux, ça faisait donc dix-neuf personnes - beaucoup pour notre petit appart. Tout ça pour « célébrer » (remarquez les « guillemets d’ironie ») le Thanksgiving américain, à l’initiative de mon camarade Tim from Ohio. Essentiellement, ça consistait à manger une dinde (et de la nourriture censée aller avec), qu’il avait fait venir à grand frais des Etats-Unis et pour laquelle il était allé jusqu’à acheter un barbecue. Et il lui a fallu beaucoup de capacité d’improvisation et un mépris complet pour les réglementations anti-incendie pour parvenir comme il l’a fait à la cuire de façon satisfaisante, sur notre balcon, à l’aide d’un couvercle de fortune bricolé avec des plaques d’aluminium. Ce fut donc une très bonne soirée, marquée notamment par ma rencontre avec les collègues de Kiyomi, après une première tentative avortée il y a quelques semaines, et la première venue de Pierre dans notre appart. Malgré l’absence de four, on a mangé des bons trucs et on s’est bien amusé, youpi !

En cadeau, des photos bonus d'Arashiyama - et de la dinde !


Une bande de joyeux drilles rencontrés à Arashiyama. Ils disent tous : "Allez Metz"


Regardez-moi la belle liste de vocabulaire !


Une ambiance raffinée, entre gens de bonne compagnie...


Et voilà la star de la soirée
Par Ant - Publié dans : antosaka
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