Jeudi 18 décembre 2008
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Il me reste une journée de travail en 2008. Après-demain samedi 20, je prends l'avion pour la France - un séjour de deux semaines.
La dernière fois que j'étais en France c'était en octobre 2007. Expatrié volontaire à 15000 kilomètres de mon pays, mais capable de rentrer chez moi une fois par an
: pas de doute, je suis ultra-privilégié.
En France, je vais passer du temps avec ma famille, rencontrer une petite fille, revoir des amis, manger du saucisson, m'acheter un maillot du FC Metz... Je suis à
la fois impatient et nerveux, comme si je partais en voyage, ça fait longtemps que je n'avais pas ressenti ça.
Par Ant
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Samedi 8 novembre 2008
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15:44
Samedi tranquille, touchant à sa fin. Kiyomi étant partie faire la surveillante à l'occasion d'une excursion des élèves de son école, j'ai eu la maison pour
moi tout seul et j'en ai profité pour lire à peu près la moitié de Wikipédia. Une évidence, de plus en plus : les articles en anglais sont beaucoup mieux que les articles en français.
Ce matin j’ai réussi l’exploit de me lever en même temps que Kiyomi (qui avait pourtant mis son réveil vers 7:15, soit son
horaire habituel en semaine !), et je suis allé voir un ORL - pour cause de nez bouché en permanence depuis à peu près six mois. J’ai en plus fait quelques courses, me suis un peu baladé,
et suis donc sorti en tout une heure et quelques... pour même pas trois minutes de consultation avec le médecin. C’est comme ça au Japon.
Pour être honnête, on va dire que la durée des consultations, surtout les jours chargés comme le samedi matin, sont le seul défaut flagrant du système de santé japonais ; à part ça c’est du haut
niveau (si on met de côté certaines mésaventures comme celle racontée
précédemment). Certains trucs m’avaient beaucoup frappé lors de mon premier séjour ; notamment le fait que les Japonais ne vont pratiquement jamais chez le médecin comme on le
fait chez nous, c’est-à-dire dans son cabinet. La très grande majorité des gens vont plutôt dans des hôpitaux ou cliniques, en général privés, qui possèdent parfois leur propre pharmacie ; ce qui
fait qu’on en ressort avec ses médocs, préparés en interne dès la fin de la consultation. Les pharmacies, d’ailleurs, ne délivrent pas les médicaments sous forme de boîte : on
récupère, sans la boîte, la quantité précise qu’a prescrit le médecin. Avantages : on ne paie que pour ce dont on a
besoin, il y a moins de possibilités d’automédication hasardeuse, de consommation de médicaments périmés, d’accidents de gosse mettant la main dessus... Désavantages : ...?! Je ne vois pas
!
Voilà, comme quoi il m'arrive aussi de dire du bien du Japon.
À part ça ça fait un an que je bosse dans ma boîte, joyeux anniversaire. Par mon travail acharné, j'estime avoir apporté 0,1 % de croissance au PIB japonais sur la période. Quelques
anecdotes :
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* l'autre jour un de nos clients espagnols nous envoie une circulaire en espagnol. Mon supérieur direct me demande si je
pige ce que c'est, je lui dis après avoir regardé un peu qu'à priori ça veut dire qu'ils vont changer leur nom d'entreprise ; il écrit ça comme commentaire sur la lettre et va la porter au
chef. Le chef qui ne s'en contente pas, et qui revient nous rapporter la lettre en m'ordonnant de la traduire. Et me voilà réalisant ainsi, pour la première et j'espère dernière fois de ma
vie, une traduction espagnol-japonais. Caramba !
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* par ailleurs ça n'est pas une anecdote mais c'est intéressant quand même : l'anglais est quand même vraiment une sacrée langue internationale. Nos clients
anglophones s'en servent ; nos quelques clients français aussi ; nos clients allemands aussi ; et nos clients taiwanais, coréens, chinois également. Pour ces trois derniers pays le niveau
n'est pas toujours très bon, ne nous voilons pas la face ; et quand quelqu'un qui ne maîtrise pas très bien l'anglais pose une question en anglais à des
Japonais sur quelque chose d'aussi compliqué que le droit de la propriété intellectuelle au Japon, ça donne quelque chose un peu comme aller cracher sur
la tombe de Shakespeare. Heureusement que je suis là pour sauver la situation ! Mais c'est rigolo, je trouve, d'imaginer l'anglais comme une langue complètement partie en vrille, comme une
langue ayant complètement échappé au contrôle de ses locuteurs natifs.
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* ...dans les moments de fatigue j'entends parfois mes collègues causer en français. Une fois, j'ai par exemple cru entendre mon collègue taiwanais dire à sa
voisine «C'est pas un hasard»... Et aussi mon supérieur s'écrier «Ça c'est de la bagnole !» devant tout le monde ! Mais probablement que non en fait.
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* j'entends aussi des chansons dans ma tête en permanence. L'autre jour c'était la chanson de Téléchat : "Chat de gouttière et chat siamwaaaa... Y'a qu'une télé, c'est Téléchaaaaaaat..." ...Il
faut préciser que je ne la connais pas en entier et que donc ce que j'avais tout le long dans la tête c'était vraiment juste ça : "Chat de gouttière et chat siamwaaaaa... Y'a qu'une télé,
c'est Téléchaaaaaaaaaaaaaaaaaaat..."
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* avant-hier j'ai appris le mot anglais moot, qui ne sert pas à grand-chose.
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* enfin, c'était Halloween la semaine dernière ; et ma joviale collègue américaine, jamais en retard d'une bêtise, est
allé nous voir mes camarades et moi chacun à notre bureau, les uns après les autres, en nous disant «Trick or treat !». Je lui ai filé un bonbon (dégueulasse) pour la gorge aromatisé
à la pomme.
Demain barbecue avec mes adorables collègues. On va manger de la viande et des cookies faits par Kiyomi, qui cuisent en ce moment même à côté de moi. La demoiselle, qui a réussi son concours de
fonctionnaire les doigts dans le nez, regarde Dr. House ou assimilé sur la Fox. Moi je viens de causer à mes parents par Skype et "dois" finir de lire l'article sur les causes de la Première Guerre Mondiale, donc je vais vous souhaiter le bonsoir.
Par Ant
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Mardi 21 octobre 2008
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15:07
Kiyomi et moi avons formé un groupe.
Kiyomi joue de la basse. Mes copains Matt et Imo chantent. Mon ex-prof de Japonais Miki-sensei joue (ça ne s'invente
pas) de la batterie. Et moi je joue de la guitare avec le talent qu'on me connaît.
Deux ou trois vendredis par mois, on se retrouve tous dans un studio pour faire du bruit pendant deux heures. On s'amuse ! Ah là là !
Notre "répertoire" (reprises uniquement pour l'instant je précise) est un compromis permanent entre personnes aux goûts différents, même si on se retrouve tous sur
un point : le wock'n'woll.
Exemples:
Pixies - Here Comes Your Man
White Stripes - Hotel Yorba
AC/DC - Back In Black
Stevie Wonder - Higher Ground
Modest Mouse - Float On
Pixies - Gigantic
Queens Of The Stone Age - Little Sister
Hives - Two-Timing Touch And Broken Bones
Lenny Kravitz - Are You Gonna Go My
Way
White Stripes - The Hardest Button To Button
Arctic Monkeys - I Bet You Look Good On The Dance Floor ...
Le niveau technique général est faible, à l'exception de Miki-sensei la batteuse
- heureusement qu'on l'a pour tenir la baraque. Kiyomi fait quant à elle des progrès fulgurants à la basse. Moi j'ai renoncé sagement à faire les solos pour me concentrer sur le rythme, ce qui
m'occupe déjà bien. Je reste quand même perplexe devant mon peu de capacités, dix ans après avoir touché une guitare pour la première fois.
En parallèle, Kiyomi et moi avons commencé à prendre des cours - basse pour elle et
guitare pour moi - dans une petite école de musique. Bonne ambiance, les profs sont sympas, on paye pas trop cher et en janvier je jouerai sans doute pour le petit concert annuel fait par et pour
les élèves.
Voilà. Une bonne façon d'oublier le travail !
Par Ant
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Mardi 23 septembre 2008
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07:34
Tout arrive, même une mise à jour de mon blog.
J'espère que ça va pour tout le monde ; ici, en tout cas, ça va. Kiyomi et moi travaillons toujours avec acharnement pour Japan Inc. cinq jours sur sept, tout en cherchant à remplir notre vie de
façon agréable le reste du temps.
Depuis le 3 février 2008, date de la dernière entrée de ce blog, on a voyagé aux quatre coins du Japon, sans exagération : on est allé à Okinawa, à
Kumamoto, à Kagoshima, à Shikoku, à Fukushima, à Shiga (photo du lac Biwa)... On a assisté à quantité de mariages, avons vus des amis, des
concerts... Mais on n'est pas sorti une seule fois du pays, ce qui fait donc treize mois de Japon non-stop. Quand j'y pense ça me rend aussi gai que quand l'équipe de France se prend un but, donc
j'évite d'y penser.
Nan mais sérieux, ça va quoi. Il se passe beaucoup de choses de toutes sortes autour de nous, c'est ça le problème aussi quand le temps passe, mais on fait aller.
Prenons les choses dans l'ordre. Le travail. Le travail se passe bien. Je bosse beaucoup et vis une véritable idylle avec mon patron, qui est top love de moi. A ce sujet j'ai bien
envie de vous raconter une histoire édifiante/rigolote/scandaleuse, qui pourrait s'intituler Les vacances - un complot occidental contre le Japon ?? :
... Dans le cabinet de conseils en propriété industrielle où je travaille, nous sommes (je l'ai dit il y a bien longtemps) quatre Occidentaux : une Canadienne, un Néo-Zélandais, une
Américaine et moi - tous dans la boîte depuis moins d'un an. Je crois qu'on peut dire qu'on apporte beaucoup : des capacités en langues, une façon de travailler, un verni international aussi. Le
patron, qui est un malin, en a conscience. Il a conscience aussi du fait que comme on n'est pas des Japonais on ne peut pas travailler comme des Japonais - c'est à dire en faisant heure
supplémentaire sur heure supplémentaire (ce qui ne m'empêche pas d'en faire tous les jours). Mais pour autant, jusqu'à une date récente, il ne semblait pas y avoir du côté du patron de volonté de
nous traiter différemment des Japonais concernant les vacances.
Il faut savoir la chose suivante : dans ma boîte, la company policy fait qu'on ne peut prendre que deux jours de vacances consécutifs MAXIMUM. Pour en prendre trois ou plus, il faut
demander l'autorisation du patron, qui se fera un plaisir de refuser dans la majorité des cas - sauf si il y a une "raison". Entre Occidentaux, on se disait que « avoir sa famille à +10
heures d'avion » constituait une "raison" suffisante. N'est-ce pas ? Et bien non, et c'est là que l'histoire
devient vraiment édifiante/rigolote/scandaleuse ; en juillet la Canadienne demande à prendre ses dix jours de congés payés d'un coup, afin de pouvoir rentrer dans son pays et voir sa famille. Son
supérieur direct lui a d'abord dit, effaré, que personne n'avait jamais formulé une telle demande dans toute l'histoire de la boîte ; et que selon toute vraisemblance, ça allait à l'encontre de
la company policy. La fameuse company policy. Ca lui a donc été refusé. Ensuite, en août, le Néo-Zélandais demande à prendre une semaine de vacances pour aller voir son père qui
se remet d'une crise cardiaque. On fait pas mieux comme raison, si ? Et bien le sous-chef lui a dit que cinq jours c'était pas possible, mais que par contre il n'avait qu'à prendre deux jours
mi-septembre en les collant à un week-end de trois jours. Cinq jours pour faire l'aller-retour Japon-Nouvelle-Zélande...
Voyant ça je me dis que je suis mal barré pour obtenir ce que je demande, c'est-à-dire cinq jours de congés accolés à la semaine de fermeture de la boîte pour le Nouvel An afin d'obtenir deux
semaines tout rond et rentrer en France. Dans ma tête je me fais d'avance tout plein de petits plans à la con de démission flamboyante ; puis alors que le patron est en voyage d'affaires je vais
voir le sous-chef, lui disant que les trois autres Occidentaux sont dans le même cas que moi et qu'il est de l'intérêt de la boîte de nous traiter de façon différente du reste des employés. Il me
répond « 難しいなぁ
» -
« Ça va pas être facile », et
« De toute façon ce n'est pas moi qui décide, va causer avec le patron mais 難しいなぁ
». Là le patron revient de voyage d'affaires et avant que je n'ai le temps d'aller le voir en personne, le sous-chef lui parle puis me
rappelle. En substance, il me dit cette fois qu'il a été décidé de m'accorder les vacances à moi mais pas aux autres. La raison étant que les chefs trouvent que je "contribue" à l'entreprise et
que le patron compte sur moi (!).
Ma collègue américaine va alors elle aussi demander les mêmes cinq jours de vacances au sous-chef, qui lui répond que « Ça va pas être facile » vu qu'elle est dans la boîte depuis moins d'un an, et que du coup
il apprécierait qu'elle y réfléchisse à nouveau. Ce qui ne tient pas debout puisque moi aussi je suis là depuis moins d'un an. Et lui casse bien le moral.
Et pis voilà, on en est là depuis. Elle prépare sa contre-attaque à l'heure qu'il est. Mais quand même, accorder des vacances à l'un tout en refusant à l'autre pour des raisons fallacieuses,
quelle absurdité, quelle mauvaise gestion du personnel, quel manque de tact et d'humanité. ...
C'est marrant, je parle de ça comme si c'était la chose la plus importante du monde alors que ça ne l'est pas. Mais je dois dire que ça m'occupe beaucoup l'esprit.
A part ça et en fait avant tout, mon frère Frédéric et sa compagne Isabelle ont eu une petite fille le mois dernier. Mes parents sont grands-parents pour la première fois, Kiyomi tata pour
la première fois, moi tonton pour la première fois, etc. On fera sa rencontre en décembre, donc ; pour ce genre de choses, ce n'est pas anodin d'avoir obtenu des vacances.
J'ai aussi réussi le niveau 1 du 日本語能力試験, le "test de capacité en japonais", et du coup
je considère mes études de japonais terminées - bon débarras.
Et pour finir, mon camarade Grégory le Niçois est de retour au Japon. Allez donc voir son nouveau
blog.
Par Ant
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Publié dans : antosaka
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Dimanche 3 février 2008
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14:27
Fin d'un vieux week-end, début d'une nouvelle semaine. Le FC Metz a pour ainsi dire gagné la Coupe de France. Et nous, qu'avons-nous donc fait ce week-end ?
Mais d'abord, qu'avons-nous fait le week-end dernier ? Et bien nous avons, comme annoncé précédemment, invité des gens chez nous et fait une "fête" : collègues à moi, collègues
de Kiyomi, anciens collègues à moi. C'était bien mais on n'est pas près d'en refaire parce que c'était aussi bien pénible à préparer.
Après ce week-end là il y a eu une semaine de travail, cinq jours à bosser quasiment sans s'arrêter - ça me tue ; je ne suis décidément pas encore habitué à gagner ma vie. Passons rapidement là
dessus, sachant que j'ai fait quantité de choses impossibles à décrire autrement que par "du travail de bureau" et que je vais recommencer demain.
Ensuite, nouveau week-end, hier et aujourd'hui. Hier, on est allé voir une exposition sur le corps humain, avec des cadavres écorchés pour montrer les muscles, le système nerveux, le système
sanguin et autres. Kiyomi l'avait déjà vue à Tôkyô et avait trouvé ça bien. Mais là c'était nul. Bien à Tôkyô, nul à Ôsaka : une pièce de plus au dossier Ôsaka, ville pourrie.
Dans le même ordre d'idée j'allais oublier la chose suivante :
dimanche dernier se sont déroulées les élections du chef de la préfecture d'Ôsaka. Les deux candidats majeurs étaient un type gris et sans aspérités soutenu par le principal parti d'opposition,
et le gars Hashimoto Tôru. Hashimoto Tôru est un avocat de 38 ans qui passe régulièrement à la télé dans les émissions de variétés (beau mec). Le Parti Libéral Démocrate (PLD),
au pouvoir comme toujours et jamais en retard d'une connerie, le soutenait pour ça et juste pour ça : il passe à la télé donc il a des chances d'être élu. On l'a vu notamment faire des meetings
aux côtés d'une autre star de la télé devenue chef de préfecture PLD, Higashikokubaru Hideo, connu pour avoir fait de la prison pour détournement de mineure. Hashimoto propose notamment de
réduire les revenus des fonctionnaires, une bien bonne idée dans une ville avec beaucoup de pauvres comme Ôsaka. Et malgré le vote déterminé de Kiyomi pour son adversaire, il a été élu sans
difficultés. Le soir même, les télés diffusaient des hagiographies en boucle. Les Japonais ne réfléchissent pas quand ils votent !
Après l'expo, nous sommes allés à Kyôto et notamment à la chouette
librairie Keibunsha, où nous avons acheté des bandes dessinées, regardé des bouquins d'art et fait les jeunes branchés. Je me suis aussi acheté deux CD, dont un de hip-hop, et Kiyomi trois, dont
un de Bob Dylan ! Et puis on s'est baladé sous la pluie, en se disant une fois de plus que ce serait quand même chouette d'habiter à Kyôto.
Aujourd'hui je devais jouer au foot mais il a plu. Alors on a fait toutes sortes d'activités de remplacement :
Activité lecture
Activité pietà
(en exclusivité : Pico et Bucchi)
Activité matsuri
(également : Activité machine à laver en panne)
Une matsuri, c'est une fête de quartier avec des stands et tout ça ; en l'occurence c'était la fête d'un temple, le temple Abiko Kannon, donc on pourrait dire que c'était une kermesse.
Il y avait beaucoup de monde et de nourriture de mauvaise qualité à acheter - très sympa. Mais si on y est allé ce n'était pas pour rigoler : Kiyomi, qui vient d'avoir trente ans, entre en effet
dans une période néfaste de trois ans appelée dans la divination japonaise 厄年 (yakudoshi). La tradition, plutôt respectée, veut qu'on aille faire une donation au temple
à cette période de l'année afin que les prêtres (bouddhistes - encore un exemple de syncrétisme religieux), entre autres en brûlant une plaquette de bois portant le nom de la personne, éloignent
le mauvais sort pour l'année à venir. Kiyomi voulait vraiment le faire ; alors on l'a fait, c'est bon, rassurez-vous.
Un coup à faire revenir le mauvais sort ? Kiyomi a mangé de ça aujourd'hui. Jeu : qu'est-ce que c'est ??
...Et sinon, le week-end prochain, on va à Okinawa !
Par Ant
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